Tiago Pirès : « Je n’ai pas vraiment de vie sociale »

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Les joies et les fastes d’une carrière sportives cachent toujours le quotidien très règlementé, cadré, voire austère qui s’impose à l’athlète. Une rigueur d’autant plus grande quand l’athlète en question s’avère être un adolescent. Tiago Pirès, quinze ans, jeune espoir du tennis français, se confie.

Avec son physique affuté, ses cheveux frisés à demi-cachés par sa capuche et son sourire à dents apparentes, Tiago Pirès pourrait être un bogoss du lycée tout droit sorti d’un film américain de série B. Mais la ressemblance s’arrête là. Pas de virée entre potes, de petite-amie ni de soirée. Par manque de temps, par manque d’envie voire par interdit, le jeune homme ne se laisse pas aller à des activités classiques pour son âge. Le prix de sa formation et de son rêve sportif.

Des journées surchargées

Au CREPS de Poitiers, les espoirs doivent concilier travail scolaire et entraînement. Pour Tiago, une journée classique démarre à 7h45 et s’achève à 20h : sept heures de tennis, trois heures de cours, une heure d’étude surveillée. Onze heures de travail, soit presque le double du volume quotidien d’un élève moyen de Seconde. Le répit n’arrive qu’après : « A partir de 20h30 environ, on a quartier libre jusqu’à 21h30, où ils nous prennent nos portables. » Une heure à peine pour appeler sa famille, consulter ses réseaux et se distraire ; là encore, bien moins que le commun des ados.

Conséquence de ces journées très denses, Tiago consacre ses jours libres au repos. « Le week-end, je me détends, je regarde une série. Quand je rentre chez moi pour les vacances, je reste avec ma famille, je me repose. Je n’ai pas envie de sortir avec des potes. » Même s’il reconnaît qu’avant la crise sanitaire, le centre « essayait de les laisser vivre » en leur organisant des activités le dimanche, le garçon de quinze ans ne peut retenir ce constat un peu amer : « Dans ce milieu, il n’y a pas vraiment de vie sociale, je n’ai pas vraiment de vie sociale. »

Préserver son corps … et son image

Pour ne pas gâcher toutes ces heures passées à s’entraîner, il faut prémunir son corps de tout danger. Cela passe par la proscription de plusieurs activités. « J’ai dû arrêter le ski. Je vis à côté des montagnes, je faisais beaucoup de snowboard, j’ai arrêté ». Quant aux interdits sur la consommation de tabac et d’alcool, Tiago affirme ne pas se sentir concerné puisqu’il « n’aime pas ça à la base ». Afin de s’assurer de leur bonne récupération et de leur assiduité, les jeunes n’ont pas le droit de découcher. Mais là encore, à en croire Tiago, c’est une loi peu contraignante. « De toutes façons on est crevé, donc on dort. On se couche tôt, très tôt. »

En tournoi, les règles se durcissent et Tiago, comme les autres, est tenu de ne pas quitter sa chambre hors des matches et entraînements. « Pendant les compétitions, on pourrait être tenté d’aller dans la chambre des copains mais on n’a pas le droit. Si on se fait prendre, on est directement viré du tournoi et on écope d’une sanction derrière. » En tournoi et en dehors, ces interdits ont également une portée « morale » : ils visent à préserver et protéger l’image des jeunes sportifs. « On doit toujours faire attention à ce que l’on renvoie, à ne pas véhiculer une image qui serait mauvaise. Il faut donc aussi surveiller ses fréquentations. »

A 15 ans, Tiago Pirès a de grandes ambitions et espère disputer des grands chelems dans les prochaines années, voire les prochains mois. Un rêve qu’il nourrit, il le sait, aux prix de certaines joies de la jeunesse : « Je sais que je n’aurais pas vraiment eu de vie d’adolescent ; pas de sorties, pas de copine. Je n’aime pas trop parle de sacrifice mais bon. »

Florian Chambon

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