Mathis Heng, au cœur de l’action

Arrivé au pôle France de Poitiers en septembre dernier, Mathis Heng a placé le tennis au centre de son quotidien depuis l’enfance. S’il rêve d’atteindre un jour le circuit professionnel, le jeune garçon, plus à l’aise sur un court qu’en simple spectateur, travaille également à canaliser son impatience.

Mathis s’entraîne quotidiennement au pôle de Poitiers, un espace en pleine forêt où il a trouvé son équilibre. (Photo : Ambre Tarin)

« Je ne regarde pas beaucoup de tennis, ce qui m’intéresse c’est d’être sur un terrain. » À treize ans, Mathis Heng surprend lorsqu’au détour d’une conversation entre cours de mathématiques et entraînement, le jeune garçon admet ne pas passer son temps à décrypter les tournois à la télévision. « Depuis que je suis au pôle j’en regarde plus souvent sur les conseils de mon entraîneur pour m’inspirer des meilleurs, mais c’est vrai qu’avant je ne visionnais vraiment pas beaucoup de tennis. » À tel point que cet amateur de film à suspense précise : « À choisir entre un film d’horreur et un match ? Le film d’horreur ! » Exception faite s’il s’agit d’un duel à l’affiche alléchante.  « Lorsque je l’emmenais en tournoi, des matchs étaient diffusés sur les télés, les autres gamins étaient fixés aux écrans mais le mien préférait jouer, témoigne son père Thierry Heng. Ça ne l’intéressait pas de simplement regarder. » Une envie débordante de jouer qui s’est d’abord manifestée par un tempérament à canaliser.

« Je détestais attendre »

Passé plus jeune par le tennis de table ou encore le judo, c’est pourtant le tennis, ce sport de patience par excellence, auquel Mathis a pris goût. « Aujourd’hui je me trouve un peu plus patient mais c’était bien différent quand j’étais petit », assure-t-il. « Par exemple chez le médecin je détestais attendre. C’était souvent trop long ! » Un comportement sur lequel il travaille encore même si, sur le terrain, Mathis ne lâche rien. « Mon match le plus long a duré 3 h 20, c’était en 2018 pour se qualifier aux championnats de France. Je n’ai même pas vu le temps passer », raconte le jeune pensionnaire du pôle de Poitiers qui n’hésite pas non plus à se motiver lorsqu’il est sur le court. « Je me rappelle qu’une fois, je n’avais plus de souffle à force de m’encourager. »

Le pôle permet à Mathis de concilier études et tennis, un atout pour ce jeune collégien inscrit au Cned l’année passée. (Photo : A.T.)

Un caractère affirmé

Pourtant calme et réservé au premier abord, le jeune garçon a longtemps dissimulé un fort tempérament.  « C’est quelqu’un de serein mais à la maison quand quelque chose n’allait pas, il avait tendance à s’énerver. Quand il perdait c’était pareil, il s’emportait sur le terrain et n’arrivait pas à se contrôler. C’était quelqu’un de très hargneux et ça a toujours été un compétiteur » souligne son père. Un constat partagé par Jean-Baptiste Dupuy, son entraîneur à Poitiers : « Il a un fort tempérament. Avant qu’il n’arrive au pôle il pouvait être très colérique sur le terrain mais il a beaucoup mûri ces derniers mois à ce sujet. Il arrive très bien à gérer ses émotions désormais. » 

Une maturité que Mathis Heng doit en effet à ce nouvel environnement qui pousse ce jeune prodige de la raquette à mieux se connaître. « Venir ici, ça lui a permis de prendre confiance en lui » assure Jean-Baptiste Dupuy. « Je pense que je suis devenu plus mature et plus autonome, mais il me reste encore beaucoup à faire », confie également Mathis. Car s’il rêve un jour de remporter un tournoi du Grand Chelem, à treize ans, le jeune garçon a encore du temps devant lui pour se perfectionner, et qui sait peut-être, prendre le temps de visionner quelques matchs de Roland-Garros cet été, devant sa télé. 

Ambre Tarin

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