Thessy Ntondele, un air de famille

Thessy Ntondele s’est inscrite au tennis à quatre ans par hasard, sur les conseils de son père. Dix ans plus tard, elle parcourt l’Europe pour participer à de grandes compétitions. Sa famille n’est jamais très loin, la motive et l’aide à s’extirper d’une vie monopolisée par la petite balle jaune.  

Aux bords du terrain comme à la maison, Thessy Ntondele peut toujours compter sur son père, Gaël (à gauche).

Le temps d’attraper une manette, et d’allumer la console du salon. Du haut de ses quatre ans, Thessy Ntondele a pris l’habitude de jouer à Wii Sport avec sa grande sœur, Olivia-Quéren. Du coin de l’œil, leur père Gaël suit l’affrontement d’un œil avisé. La partie ne dure que quelques minutes, et déjà, le ton est donné. Quelques appuis bien sentis, un revers ravageur. Thessy ne laisse aucune chance à la frangine. Suffisant pour donner des idées à son père. « Il a vu que je me déplaçais bien par rapport aux autres joueurs, que j’avais de bons réflexes, donc il m’a inscrit dans la foulée. ». Début d’une longue aventure, à quelques kilomètres du salon familial. Très loin des jeux vidéo.

Au nom du père

Gaël Ntondele se prend rapidement au jeu. Petit à petit, il accompagne Thessy sur ses tournois. A 14 ans, elle peut donc compter sur le vécu de son père, ancien footballeur en France et en Belgique, freiné par les blessures. Qu’à cela ne tienne, Gaël se consacre pleinement à sa fille et à sa réussite. Avec le temps, il devient même son préparateur physique, et surtout, son confident. « Entre les matches, je parle beaucoup aux personnes autour de moi, encore plus à mon père, c’est lui qui me comprend le plus. Je ne suis pas du genre à m’enfermer dans une bulle, j’ai besoin de m’ouvrir un maximum. » Sur le bord du court, Thessy s’est forgée un repère, les discussions avec Gaël deviennent incontournables pour se sortir de situations délicates. Quand je perds, il me conseille de trouver des zones simples et de rester en mouvement, c’est le plus important. ».

Son père lui distille aussi de précieuses astuces pour gérer son stress et sa respiration pendant les matches plus longs. Quitte à répéter les efforts. « Je travaille souvent mes coups droits, ce n’est vraiment pas mon point fort pendant les matches, concède Thessy, davantage à l’aise sur ses revers et ses services.

Heureux qui comme Ulysse

Thessy part étudier au pôle fédéral d’Amiens en 2019, à seulement 13 ans. Elle s’entraine désormais une vingtaine d’heures par semaine, en plus des cours. Un rythme soutenu qui lui permet de parfaire son jeu et de donner une autre dimension à sa toute jeune carrière. Elle participe à des tournois de plus en plus lointains, parfois hors de France. « Le dernier que j’ai fait, je suis partie en Autriche pour disputer un ITF Junior. Mais j’ai préféré la Suède, Stockholm c’était magnifique ! » Ses voyages s’étirent sur plusieurs semaines, loin de sa famille. « Avec les semaines de cours à Amiens, ça fait beaucoup parfois ! » Plus de responsabilités, plus d’ambitions, mais moins de présence auprès de ses proches.

Du salon familial jusqu’à l’ITF junior en Autriche, Thessy Ntondele a fait déjà fait un long voyage. Crédit : Les Petits As.

Dès qu’elle le peut, elle retourne à Ronchin, dans le cocon familial. Là où tout a commencé. Le temps est court, mais suffisant pour prendre une petite pause dans son tourbillon quotidien. Le tennis est mis de côté quelques heures, Thessy peut compter sur le reste de sa famille pour faire le vide. Sa mère n’est pas une sportive chevronnée, et son petit frère (6 ans) rechigne à s’inscrire dans un club. « On l’a inscrit au foot, au basket, tennis, mais il n’aime rien. » Pas question de faire du sport, donc. Repos total. Une journée presque normale pour toute adolescente de 14 ans, construite autour des séries Netflix et émissions de téléréalité. Mais une récompense pour la jeune tenniswoman promise à une longue carrière. Thessy peut compter sur sa sœur pour rallumer l’indéboulonnable Wii, toujours nichée en dessous de la télévision. Pour retrouver l’insouciance d’une parenthèse virtuelle.

Colin NAERT

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